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13 Aoû 2012 - 02:21:24

Le livre noir des hopitaux

Surtout, ne pas tomber malade. C’est la conclusion que l’on peut tirer au bout de quelques lignes de la lecture du « Livre noir des hôpitaux ». L’ouvrage commence avec l’histoire d’un patient qui échappa de très peu à l’ablation de l’estomac, à cause d’un diagnostic fantaisiste ! Un chanceux, celui-là. Car d’autres y sont restés. Derrière quelques bavures connues, des centaines de victimes restent anonymes
...
Quarante décès en moyenne par jour. C’est le nombre d’« événements indésirables graves » qui, à la suite d’une erreur médicale survenue à l’hôpital ou en clinique, connaissent une issue fatale. Ces chiffres, que l’on peut estimer à partir de l’étude Eneis (1), la seule réalisée en France sur ce sujet, montrent bien que les accidents survenus fin 2008, pendant les fêtes de Noël, ne sont que l’écume des dysfonctionnements, la partie émergée de l’iceberg. Le 24 décembre 2008, le petit Ilyès, 3 ans, meurt à l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul, prestigieux hôpital pour enfants de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) : une infirmière a commis une erreur en lui administrant un mauvais produit. Elle est aussitôt placée en garde en vue puis mise en examen, à la grande colère de bon nombre de professionnels de l’hôpital public, furieux que l’une des leurs soit traitée comme une criminelle. 
...
S’agit-il d’une série noire ? En réalité, 400 « événements indésirables graves » se produisent chaque jour dans les hôpitaux et cliniques et pourraient être évités. [...] Les auteurs de l’étude Eneis estiment, à partir de quelque 8 754 dossiers de patients analysés dans un échantillon de 292 services appartenant à 71 établissements de soins, qu’entre 350 000 et 460 000 événements indésirables graves se produisent durant l’hospitalisation chaque année en France, dont 120 000 à 190 000 pourraient être évités. Soit entre 320 et 520 incidents évitables chaque jour.
...
Les produits de santé (dont les médicaments) sont la deuxième cause d’accidents lors de l’hospitalisation (26,7 %). [...] En janvier 2006, une infirmière de 44 ans de l’hôpital de Mantes-la-Jolie (Yvelines) est condamnée à dix-huit mois de prison avec sursis pour le décès d’une petite fille de 4 ans, opérée des amygdales et décédée le lendemain à la suite de l’administration, en trop grande quantité et de façon trop rapide, d’une solution de glucose. En juillet de la même année, c’est une jeune Réunionnaise de 18 ans atteinte de leucémie qui décède au CHU de Tours, une infirmière lui ayant donné une dose de Daunoxone cinq fois supérieure à la prescription, provoquant un arrêt cardiaque. Au CHU de Nancy, après une transplantation rénale, un patient de 48 ans meurt à la suite d’une transfusion de chlorure de sodium, produit à usage externe : le flacon, dont l’étiquette est semblable à celle d’autres produits, n’aurait jamais dû se trouver dans l’armoire du service de néphrologie. L’infirmière n’a pas été assez vigilante. Une affaire qui ressemble à celle du petit Ilyès, décédé à Saint-Vincent-de-Paul. Les premiers éléments de l’enquête indiquent en effet que « le chlorure de magnésium qui lui a été injecté n’aurait jamais dû se trouver dans la salle de soins ». La morphine fait elle aussi des ravages. En octobre 2006, une jeune infirmière et son ancien chef de service de l’hôpital de Cholet (Maine-et-Loire) sont condamnés à de la prison avec sursis pour avoir administré à un patient en phase terminale d’un cancer dix fois la dose de morphine prescrite. [...]
Mais le secteur où se produisent la majorité de ces événements (48,9 %), c’est la chirurgie où, en toute logique, la prise de risques est la plus importante. [...]
C’est un chirurgien de Neufchâteau (Vosges) qui est condamné en 2005 à un an de prison avec sursis pour avoir poursuivi « au-delà du raisonnable », selon les experts, une intervention chirurgicale sur le dos d’une patiente de 47 ans alors qu’elle s’était mise à saigner abondamment. Ils jugeront que « l’obstination et l’entêtement » du praticien sont à l’origine de la mort cérébrale de la patiente. Dans un établissement de Haguenau (Bas-Rhin), c’est un chirurgien ORL qui opère la prolifération de polypes dans la fosse nasale d’un patient de 48 ans et perfore à plusieurs reprises ses tissus crâniens. Il est condamné en appel pour homicide involontaire à dix-huit mois de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende. Le jeune Romain Gommenne, 18 ans, ne survit pas à la très bénigne intervention qu’il subit à la clinique des Bleuets à Reims (Marne). Le chirurgien, introduisant une minicaméra dans son bas-ventre, perce une artère et une veine. Malgré les dix-huit poches de sang qui lui sont transfusées, le jeune garçon décède. Et que dire de ce chirurgien et de cet interne qui, à l’hôpital de Saverne (Bas-Rhin), après avoir procédé à l’ablation en urgence d’une partie du côlon d’une patiente de 50 ans, se trompent et le recousent par erreur à son vagin ? L’interne reconnaîtra lors de l’audience avoir pris un organe pour un autre : afin d’aider le chirurgien à recoudre, il avait mis une pince dans le vagin et non dans le rectum. Bilan pour la patiente : cinq interventions réparatrices et 25 % d’incapacité. Pour les deux médecins, ce sera de la prison avec sursis et de fortes amendes.
Les erreurs de diagnostic peuvent aussi avoir des conséquences fatales. Quelques exemples : au centre hospitalier universitaire de Lille, fleuron de la région Nord-Pas-de-Calais, ce sont deux internes qui sont condamnés en 2004 à de la prison avec sursis et des amendes pour ne pas avoir diagnostiqué la péritonite d’une enfant de 9 ans, qui décédera. Pour la justice, l’erreur de diagnostic est avérée, mais aussi un défaut d’organisation au sein de l’hôpital. A Vitré (Ille-et-Vilaine), en 2005, l’hôpital est condamné car les médecins ayant pris en charge un patient convulsif de 41 ans n’avaient pas identifié la méningite qui lui sera fatale. A Besançon (Doubs), c’est un anesthésiste de 57 ans qui écope de neuf mois de prison avec sursis pour avoir diagnostiqué un choc septique à la suite d’une appendicectomie alors que la malade de 21 ans faisait une hémorragie interne dont elle sera victime. En 2004, le centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne (Loire) était déclaré responsable par le tribunal administratif de la mort d’un nourrisson de 9 mois. Victime d’une chute dans un escalier deux jours plus tôt et examinée aux urgences par un interne, la petite Ambrine avait été renvoyée chez elle sans avoir subi de radiographie. Hospitalisée en urgence, opérée dans le service de neurochirurgie de l’hôpital pour un hématome important, elle décédait quelques jours plus tard. [...]
Ce n’est quand même pas tous les jours que la France décroche une place de champion du monde. Voilà qui est fait avec le plus important accident de radiothérapie jamais survenu au niveau international. Jusqu’à l’affaire du centre hospitalier Jean-Monnet d’Epinal (Vosges), révélée en 2006, quatre accidents graves seulement avaient été recensés dans le monde par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) : en 2001 en Pologne, où 5 patients avaient été victimes de brûlures, en 2000 au Panama, avec 28 patients surirradiés dont 5 étaient décédés, en 1996 au Costa Rica (17 décès sur 115 patients affectés), enfin en Espagne, en 1990, à Saragosse (au moins 15 décès sur 27 patients victimes d’une surdose). Mais avec 5 500 patients surirradiés lors de leur traitement entre les années 1987 et 2006 et déjà 5 décès avérés, l’hôpital vosgien a mis la barre très haut. Cet intervalle de temps avant qu’on ne s’aperçoive des nombreuses défaillances de son service de radiothérapie en dit déjà long. [...]
Que faut-il faire pour qu’à l’avenir le nombre d’accidents médicaux, dans tous les domaines, baisse ? De multiples recommandations de spécialistes du risque ont été faites pour les limiter. Pour éviter ce que l’on nomme les erreurs « de côté » par exemple, c’est-à-dire opérer un patient du mauvais membre, il faut que le patient marque lui-même l’endroit à opérer. C’est ainsi qu’on évitera des erreurs comme celle survenue à l’hôpital de la Timone, l’un des établissements du centre hospitalier universitaire de Marseille, quand en avril 2007 le jeune Emmanuel Le Mol, 20 ans, hémiplégique du côté droit depuis un grave accident de la route cinq ans plus tôt, et qui devait subir une neurotomie du nerf du mollet de la jambe gauche, est en fait opéré de la droite. « Personne ne s’est aperçu de rien, témoignera Corinne, sa mère. C’est mon fils qui, après l’intervention, s’est rendu compte que le médecin s’était trompé. » Celui-ci, qui connaissait pourtant bien son patient pour l’avoir vu à plusieurs reprises avant l’intervention, plaidera l’« erreur technique ». En février 2009, une patiente atteinte d’un cancer mammaire se fait amputer par erreur du mauvais côté au centre anticancéreux de Lyon, qui a alors dû procéder à une ablation des deux seins. [...]
Ces grands malades qui nous soignent
Dépressif, alcoolique, incompétent... Au sein de quelle profession ayant entre les mains la vie de tiers peut-on trouver des personnes en exercice aussi dangereuses ? Vous n’osez pas l’imaginer. Et pourtant si : chez les blouses blanches, qu’elles travaillent en secteur libéral ou à l’hôpital. Etre médecin ne garantit pas la bonne santé. Ni physique ni mentale. « J’ai des souvenirs dramatiques »
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http://www.lepoint.fr/actualites-societe/2009-03-26/le-livre-noir-des-hopitaux/920/0/329233



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